BoutiqueChasse

Guide

Chasse à la Bécasse : le guide complet pour réussir sa Traque en Sous-Bois

Mis à jour le

Par la rédaction de Boutique ChasseNotre méthode et nos sources

La **chasse à la bécasse** consiste à traquer, presque toujours avec un chien d'arrêt, un oiseau migrateur nocturne au camouflage redoutable, dans les sous-bois humides d'octobre à février. Pour espérer lever un oiseau, il faut connaître ses biotopes de prédilection (mousses, fougères, ronciers), pr

La chasse à la bécasse consiste à traquer, presque toujours avec un chien d'arrêt, un oiseau migrateur nocturne au camouflage redoutable, dans les sous-bois humides d'octobre à février. Pour espérer lever un oiseau, il faut connaître ses biotopes de prédilection (mousses, fougères, ronciers), progresser lentement en gardant le vent dans le bon sens, faire confiance au nez de son chien et respecter le prélèvement maximal autorisé (PMA) de 30 bécasses par saison. Ce guide détaille chaque étape, de la biologie de l'oiseau à sa préparation en cuisine, en passant par les techniques qui font la différence sur le terrain.

Pourquoi la bécasse des bois est-elle un gibier si difficile à chasser ?

La bécasse des bois (Scolopax rusticola) mesure entre 27 et 31 cm pour un poids de 280 à 350 grammes, avec un long bec droit de 6 à 8 cm qu'elle utilise pour sonder le sol à la recherche de vers de terre. Son plumage brun-roux, marbré de taches noires et beiges, constitue un camouflage quasi parfait dans la litière forestière : posée au sol, elle se confond littéralement avec les feuilles mortes. Ses grands yeux placés sur les côtés du crâne lui offrent un champ de vision proche de 360 degrés, ce qui la rend extrêmement difficile à surprendre à l'approche.

Autre particularité : c'est un oiseau essentiellement nocturne, qui se nourrit surtout la nuit dans les prairies et zones dégagées avant de regagner le couvert forestier au petit matin pour s'y reposer, immobile, jusqu'au soir suivant. Sans un chien capable d'analyser les effluves les plus ténus, un chasseur passerait à quelques mètres d'une bécasse sans jamais la voir. C'est précisément ce qui fait la réputation, et l'attrait, de la chasse à la bécasse auprès des passionnés de gibier de passage.

Quand pratiquer la chasse à la bécasse pour maximiser ses chances ?

La bécasse est une migratrice qui quitte les forêts de Scandinavie et de Russie chaque automne pour rejoindre la France. La saison de chasse se découpe généralement en trois phases distinctes, avec des dates d'ouverture et de fermeture fixées chaque année par arrêté préfectoral départemental :

  • Mi-octobre à novembre : les premières vagues migratoires arrivent avec les pluies, souvent en lien avec un coup de froid dans le nord de l'Europe.
  • Novembre à janvier : c'est la période la plus régulière, celle où les oiseaux se sont installés et où les biotopes se stabilisent.
  • Février : fin de saison plus aléatoire, mais parfois excellente si un flux migratoire tardif traverse le pays.

Dans la journée, mieux vaut privilégier les heures qui suivent le lever du soleil et celles qui précèdent son coucher, moments où la bécasse se déplace encore un peu avant de se figer pour la journée. Une météo douce, une pluie fine et un vent faible favorisent la diffusion des odeurs et donc le travail du chien, alors que le grand froid ou le gel durcissent le sol et rendent la fouille beaucoup plus difficile.

Dans quels biotopes chercher la bécasse ?

La bécasse recherche des sols souples où elle peut sonder facilement avec son bec. Les meilleurs postes se trouvent dans :

  • les sous-bois humides tapissés de mousses et de fougères, où l'odeur reste concentrée plus longtemps ;
  • les ronciers et taillis jeunes, à la luminosité filtrée, qui offrent à la fois couvert et nourriture ;
  • les ravines et pentes exposées au nord, plus fraîches et humides même en fin de saison ;
  • les lisières entre bois et prairies, zones de transit entre le reposoir diurne et les gagnages nocturnes.

Un chasseur expérimenté repère vite les « poches » favorables d'un massif : la bécasse revient souvent d'une année sur l'autre dans les mêmes secteurs, un comportement de fidélité territoriale bien documenté chez cette espèce.

Quelle technique adopter pour la chasse à la bécasse à la botte ?

La forme dominante, et quasiment la seule légale aujourd'hui, est la chasse devant soi avec chien d'arrêt, aussi appelée « chasse à la botte ». Le principe est simple sur le papier, exigeant sur le terrain :

  1. Le chasseur avance lentement, au pas, pour laisser le chien quêter méthodiquement chaque touffe de fougères ou de ronces.
  2. Il veille à garder le vent de face ou de trois-quarts, jamais dans le dos, pour que le chien capte les effluves qui remontent vers lui.
  3. Dès que le chien tombe en arrêt, le chasseur s'approche calmement, arme prête, en anticipant la direction probable de l'envol.
  4. L'envol de la bécasse est bref et sinueux entre les branches : il faut être prêt à tirer vite, souvent à moins de 25 mètres.

Les erreurs les plus fréquentes chez les débutants : marcher trop vite et brûler les zones humides sans laisser au chien le temps de fouiller, ignorer les poches les plus mouillées sous prétexte qu'elles sont difficiles d'accès, ou encore tirer vers un couvert trop dense sans visibilité suffisante. La patience reste la qualité numéro un du bécassier.

Pourquoi la passée et la croule sont-elles interdites pour la bécasse ?

Deux techniques anciennes méritent d'être mentionnées, ne serait-ce que pour éviter toute confusion réglementaire. La chasse à la croule consistait à tirer les mâles en vol de parade nuptiale au crépuscule, au printemps. La chasse à la passée visait les oiseaux volant entre leur reposoir forestier et leurs zones de gagnage à l'aube ou au crépuscule. Ces deux pratiques sont aujourd'hui interdites sur l'ensemble du territoire français, car elles interviennent hors période de chasse autorisée ou visent des oiseaux en plein comportement reproducteur, ce qui menace le renouvellement de l'espèce. Seule la chasse à la botte, en pleine journée durant la période d'ouverture, reste donc autorisée pour la bécasse.

Quel chien choisir pour accompagner un chasseur de bécasse ?

Sans chien d'arrêt, la chasse à la bécasse relève quasiment de l'impossible tant l'oiseau se dissimule bien. Les races les plus employées sont l'épagneul breton, le setter anglais, le griffon et le pointer. L'épagneul breton, né et façonné dans les régions traditionnellement bécassières, se distingue par une quête plus courte et une grande agilité sur les terrains accidentés, idéale dans les sous-bois denses. Le setter, à la quête plus ample, excelle davantage en milieu ouvert. Pour les amateurs de chiens à l'arrêt plus rapides et endurants, le chien Pointer, spécialiste reconnu du gibier à plume, reste également un excellent choix, à condition d'adapter sa quête aux couverts plus fermés.

Quel que soit le chien retenu, deux qualités priment sur toutes les autres : un nez capable de fixer une odeur ténue dans un sous-bois chargé d'humus, et un arrêt ferme, sans précipitation, qui laisse au chasseur le temps de se positionner avant l'envol. Beaucoup de chasseurs équipent leur auxiliaire d'un grelot ou d'une sonnette traditionnelle pour suivre sa progression à l'oreille dans les fourrés les plus denses.

Comment respecter le PMA et déclarer ses prélèvements de bécasse ?

La bécasse des bois fait l'objet d'un encadrement réglementaire strict, unique en Europe. Depuis un arrêté ministériel de 2011, un prélèvement maximal autorisé (PMA) de 30 oiseaux par chasseur et par saison cynégétique s'applique sur tout le territoire, avec un plafond hebdomadaire (souvent fixé à 3 bécasses, mais variable selon les départements). La France est ainsi devenue le seul pays à combiner quota national et carnet de contrôle individuel pour cette espèce migratrice.

Chaque prélèvement doit être déclaré, soit via l'application ChassAdapt (devenue la norme depuis un arrêté de 2025, sauf pour les chasseurs ne disposant pas de smartphone), soit sur le carnet PMA papier distribué gratuitement par la fédération départementale des chasseurs lors de la première validation du permis. La déclaration de fin de saison est obligatoire pour tous les détenteurs de carnet, même en l'absence de capture, au plus tard le 30 juin. Ne pas respecter cette obligation expose à des sanctions et complique la reconduction des quotas pour l'ensemble des bécassiers du département.

Quel équipement emporter pour une sortie bécasse réussie ?

Le matériel du bécassier reste volontairement léger, car il faut pouvoir suivre un chien sur plusieurs kilomètres en sous-bois accidenté. Quelques repères utiles :

  • Calibre : le 20 et le 28 conviennent parfaitement pour les tirs rapprochés (moins de 25 mètres) grâce à leur légèreté ; le 12 reste le choix le plus polyvalent au-delà.
  • Munitions : les plombs n°7 ou 7,5 sont les plus couramment recommandés pour cette petite cible rapide et fragile.
  • Vêtements : un gilet orange visible, des guêtres imperméables pour les ronces, et une veste résistante aux épines.
  • Pour le chien : grelot ou sonnaille, et idéalement un collier GPS dans les massifs très denses où le contact visuel se perd vite.

Beaucoup de bécassiers aiment aussi échanger leurs bons plans de coins et de saisons entre passionnés : pour trouver des conseils de terrain ou une sortie accompagnée, un forum de chasse et pêche adapté à sa région reste souvent la meilleure ressource, bien avant les guides généralistes.

Comment préparer et cuisiner la bécasse après la chasse ?

La bécasse se plume à sec, avec délicatesse, et se distingue par une particularité culinaire : elle n'est traditionnellement pas vidée, ses entrailles étant réputées sans amertume et intégrées à la préparation finale. Une courte maturation de 2 à 4 jours au réfrigérateur, l'oiseau suspendu par le bec, permet de développer ses arômes sans les excès réservés aux amateurs les plus confirmés.

La recette la plus classique reste la bécasse rôtie : bardée de lard, cuite au four chaud une douzaine de minutes, puis flambée au cognac. Les entrailles écrasées avec le foie se servent sur canapé grillé, nappées du jus de cuisson, pendant que la chair se déguste rosée pour préserver toute sa tendreté. Pour varier les plaisirs avec un autre petit gibier à plume tout aussi délicat à réussir, notre guide de cuisson des cailles propose des techniques transposables. Certains bécassiers, fidèles à d'autres traditions du gibier de passage, apprécient également la chasse en palombière, autre grand rendez-vous automnal du Sud-Ouest, qui partage avec la bécasse cette dépendance totale aux flux migratoires.

FAQ : les questions fréquentes sur la chasse à la bécasse

Quelle est la meilleure période pour chasser la bécasse ?

La période la plus productive se situe généralement entre novembre et janvier, une fois les oiseaux bien installés dans leurs biotopes d'hivernage. Les dates précises d'ouverture et de fermeture sont fixées chaque saison par arrêté préfectoral et varient selon les départements.

Peut-on chasser la bécasse sans chien d'arrêt ?

En théorie oui, mais en pratique les chances de succès sont extrêmement faibles. Le camouflage de l'oiseau est tel qu'un chasseur seul passe presque toujours à côté sans la voir. Le chien d'arrêt est considéré comme indispensable par l'immense majorité des bécassiers.

Combien de bécasses peut-on prélever par saison ?

Le prélèvement maximal autorisé (PMA) national est fixé à 30 bécasses par chasseur et par saison cynégétique, avec un plafond hebdomadaire complémentaire (souvent 3 oiseaux) qui peut varier selon les départements.

Comment déclarer ses prélèvements de bécasse ?

La déclaration se fait via l'application ChassAdapt ou, à défaut de smartphone, sur le carnet PMA papier fourni par la fédération départementale. Elle est obligatoire en fin de saison, même en l'absence de toute capture, avant le 30 juin.

La chasse à la passée est-elle autorisée pour la bécasse ?

Non. La chasse à la passée, comme la chasse à la croule, sont interdites pour la bécasse sur tout le territoire français. Seule la chasse devant soi avec chien d'arrêt, en journée et pendant la période d'ouverture, reste légale.

À lire aussi