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Chasse en Palombière : le guide complet pour comprendre cette Tradition du Sud-Ouest
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Par la rédaction de Boutique ChasseNotre méthode et nos sources
La **chasse en palombière** consiste à installer un poste fixe, au sol ou perché dans les arbres, et à y attirer les vols de palombes (pigeons ramiers) migrateurs grâce à des oiseaux appelants qui imitent leur comportement naturel. Le chasseur les tire ensuite au fusil ou, dans une poignée de départ
La chasse en palombière consiste à installer un poste fixe, au sol ou perché dans les arbres, et à y attirer les vols de palombes (pigeons ramiers) migrateurs grâce à des oiseaux appelants qui imitent leur comportement naturel. Le chasseur les tire ensuite au fusil ou, dans une poignée de départements du Sud-Ouest, les capture au filet selon une tradition très encadrée. Pratiquée de la fin septembre à la fin février au rythme des migrations, cette activité reste légale mais soumise à des zones précises, des quotas et une réglementation qui évolue régulièrement. Ce guide détaille son fonctionnement, son matériel et ses règles pour vous permettre de comprendre ou de pratiquer sereinement la chasse à la palombière.
Qu'est-ce qu'une palombière et comment fonctionne-t-elle ?
Une palombière est une installation fixe conçue pour attirer les palombes en vol grâce à des appelants (des pigeons ou des palombes apprivoisées, souvent appelés « piocs ») que le chasseur manœuvre à distance à l'aide de ficelles. Ces oiseaux, en simulant qu'ils se posent, s'alimentent ou se reposent tranquillement, rassurent les vols sauvages de passage et les incitent à descendre à proximité du poste. Un oiseau « espion », placé bien en vue, joue un rôle de guetteur : en penchant la tête, il signale l'arrivée d'un vol ou la présence d'un rapace qui ferait fuir les palombes.
Le poste de tir, appelé « cabane » ou « oueytte » selon les régions, est bâti en hauteur dans un arbre ou dissimulé au sol, entièrement camouflé pour ne pas éveiller la méfiance des oiseaux. Des couloirs couverts relient parfois les différents postes, permettant aux chasseurs de circuler sans bruit ni mouvement visible.
Comment se déroule concrètement une chasse en palombière ?
Une journée type commence tôt, avant le lever du jour, pour installer les appelants et vérifier le camouflage du poste. Le chef de chasse observe ensuite le ciel et les alentours, guette les premiers vols et actionne les appeaux au bon moment pour créer un mouvement crédible. Lorsque les palombes amorcent leur descente, le silence et l'immobilité sont absolus : le moindre geste brusque peut faire fuir tout un vol en quelques secondes.
Contrairement à la chasse devant soi ou à la chasse à l'aide d'un chien d'arrêt comme le pointer, la palombière ne nécessite aucun chien : tout repose sur l'aménagement du poste, la qualité des appelants et la patience du chasseur, parfois plusieurs heures durant sans qu'un seul vol ne se présente. C'est une chasse d'affût pur, où l'observation et l'anticipation comptent autant que le tir lui-même.
Quelles sont les différentes techniques de palombière ?
On distingue plusieurs formes de chasse en palombière, qui varient selon la région et l'installation :
- La palombière dans les arbres : le poste est construit en hauteur, souvent dans un massif forestier situé sur un couloir de migration connu, pour tirer les palombes au fusil au moment où elles se posent sur les branches voisines.
- La palombière au sol : les palombes sont attirées vers des « sols » dégagés (des zones de 8 à 10 mètres de long parsemées de graines) où elles se posent pour se nourrir, avant d'être tirées ou, historiquement, capturées.
- La chasse au filet (pantes) : deux filets se rabattent l'un vers l'autre grâce à des ressorts, capturant les oiseaux vivants. Cette méthode traditionnelle reste autorisée uniquement dans un nombre restreint de départements du Sud-Ouest.
- La chasse au fusil : de loin la plus répandue aujourd'hui, elle consiste simplement à tirer les palombes attirées par les appelants au moment où elles arrivent à portée.
Quand pratiquer la chasse en palombière ?
La saison suit le rythme des migrations : la chasse s'ouvre généralement fin septembre et se poursuit jusqu'à fin février selon les arrêtés préfectoraux départementaux, avec des dates et des jours de chasse autorisés qui peuvent varier d'un territoire à l'autre. Les pics d'activité se situent classiquement en octobre et novembre, lorsque les grands vols venus du nord de l'Europe traversent le Sud-Ouest pour rejoindre l'Espagne et le Portugal. Les conditions météo jouent un rôle déterminant : un vent de nord-est ou une dépression qui pousse les vols vers le sud multiplie les chances d'observer un passage important.
Comme pour toute chasse au gibier migrateur, il est indispensable de vérifier chaque année l'arrêté préfectoral de son département, qui fixe précisément les dates d'ouverture et de fermeture ainsi que les jours autorisés (souvent limités en semaine dans certains secteurs).
Dans quelles régions peut-on encore chasser la palombe en palombière ?
La chasse à la palombière au fusil est praticable partout où les couloirs de migration passent, mais elle reste historiquement concentrée dans le grand Sud-Ouest. Quant à la chasse au filet, une pratique bien plus ancienne et minoritaire, elle demeure autorisée par dérogation ministérielle dans seulement cinq départements :
- les Landes ;
- le Gers ;
- la Gironde ;
- le Lot-et-Garonne ;
- les Pyrénées-Atlantiques.
Dans ces territoires, la palombière fait partie du patrimoine culturel local : les installations, souvent transmises de génération en génération, sont entretenues avec soin et donnent lieu à une véritable vie collective pendant la saison de chasse. C'est aussi un excellent sujet d'échange sur un forum de chasse et pêche, où de nombreux paloumayres partagent leurs retours d'expérience, leurs réglages de fusil ou leurs astuces d'appelants.
Quelle réglementation encadre la chasse en palombière ?
La chasse au filet a longtemps reposé sur des décrets ministériels datant des années 2000, autorisant l'usage de filets horizontaux (pantes) et verticaux (pantières) dans les cinq départements cités plus haut. Cette pratique fait toutefois l'objet de contestations juridiques régulières : en 2021, le Conseil d'État a jugé illégales plusieurs techniques de capture d'oiseaux jugées non conformes au droit européen sur la protection des espèces, et une nouvelle procédure a été engagée en 2025 par une association de protection animale. Ces recours n'ont pas empêché la poursuite de la chasse traditionnelle, mais ils illustrent la fragilité juridique de cette méthode, qui pourrait évoluer dans les années à venir.
Au-delà du filet, la chasse en palombière au fusil est encadrée comme toute chasse au gibier migrateur : respect des dates d'ouverture, des quotas journaliers de prélèvement fixés par arrêté préfectoral (variables selon les départements et parfois selon l'avancement de la migration), déclaration de prélèvement obligatoire dans certains cas, et bien sûr port du permis de chasser validé. Certains départements imposent également un plafond de prises par jour et par chasseur, révisable en cours de saison selon l'intensité du passage migratoire.
Quel matériel prévoir pour s'équiper en palombière ?
Le matériel se divise en trois grandes familles :
- Le fusil et les munitions : un calibre 12 reste le choix le plus polyvalent. Pour la palombe, les grenailles de numéro 5 à 7 conviennent selon la distance de tir, avec un choke serré (3/4 ou full) recommandé pour les vols hauts et lointains, et un choke plus ouvert (1/4) pour les passages proches.
- Les appelants : pigeons ou palombes apprivoisées, entretenus tout au long de l'année, dont la vivacité et le comportement naturel conditionnent en grande partie l'efficacité du poste.
- Le camouflage et le confort : vêtements et filets de camouflage adaptés à la saison, jumelles pour repérer les vols de loin, et souvent un petit poêle ou une cuisinière pour tenir les longues matinées fraîches d'automne.
Comment construire ou aménager sa propre palombière ?
Avant toute construction, il faut identifier un emplacement situé sur un axe de migration reconnu, généralement en lisière de bois ou sur une crête dégagée qui offre une bonne visibilité sur les vols arrivants. La structure elle-même doit répondre à trois impératifs : la solidité (une cabane perchée supporte le poids de plusieurs personnes et du matériel pendant des heures), le camouflage (bâches, branchages, filets qui rompent la silhouette) et la sécurité (accès stable, garde-corps, évacuation dégagée en cas de mauvais temps). Beaucoup de chasseurs choisissent de rejoindre une palombière existante plutôt que d'en construire une nouvelle, faute de terrain disponible sur les meilleurs couloirs, déjà largement occupés par des installations transmises depuis plusieurs générations.
Que faire de la palombe après la chasse ?
Une fois la chasse terminée, la palombe se prépare comme la plupart des petits gibiers à plume : elle demande un plumage soigné et une cuisson qui préserve le moelleux de sa chair, assez proche de celle du pigeon ou de la caille. Les techniques utilisées pour réussir la cuisson des cailles s'appliquent d'ailleurs très bien à la palombe : cuisson rapide à haute température pour la garder rosée, ou mijotage plus long en cocotte pour les oiseaux plus âgés. Si votre tableau de chasse mêle palombes et gibier d'eau, jetez également un œil à nos recettes de canard pour le gibier d'eau, dont les principes de marinade et de cuisson au four se transposent facilement à la palombe.
Chasse en palombière : les questions fréquentes
Faut-il un permis spécial pour chasser en palombière ?
Non, le permis de chasser validé pour le département suffit. La chasse au filet, elle, est réservée aux paloumayres inscrits auprès de leur fédération départementale dans les cinq départements où cette pratique est autorisée.
Peut-on chasser seul en palombière ?
Oui, une palombière peut être tenue par un seul chasseur, mais la pratique en groupe reste très répandue : elle permet de se relayer à la manœuvre des appelants et au guet, deux tâches qui demandent une attention constante.
Combien de temps dure une saison en palombière ?
La période d'ouverture s'étend généralement de fin septembre à fin février, mais les jours et horaires précis de chasse varient selon l'arrêté préfectoral de chaque département : il faut le consulter chaque saison.
La chasse au filet en palombière est-elle menacée d'interdiction ?
Elle fait régulièrement l'objet de recours juridiques devant les tribunaux administratifs et le Conseil d'État, certains estimant qu'elle contrevient au droit européen sur la protection des oiseaux. À ce jour, elle reste autorisée dans les cinq départements historiques, mais son cadre légal pourrait évoluer.
Quel calibre et quelle grenaille choisir pour tirer la palombe ?
Un calibre 12 avec une grenaille de numéro 5 à 7 convient à la majorité des situations. Le choix du choke dépend de la distance : plus ouvert pour les passages proches et rapides, plus serré pour les vols hauts et lointains.
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