Repères
Le petit lexique du chasseur
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Par la rédaction de Boutique ChasseNotre méthode et nos sources
La chasse a gardé une langue à elle. Ce n'est pas du folklore : ces mots décrivent des choses précises, et les confondre fait rater des observations.

La chasse a gardé une langue à elle, et elle n'est pas décorative. Ce lexique du chasseur rassemble les mots qui reviennent le plus souvent sur le terrain : les noms du gibier selon l'espèce, le sexe et l'âge (brocard, chevrette, laie, marcassin), les termes qui décrivent les indices de présence (voie, coulée, gagnage, souille, laissées), les modes de chasse (approche, affût, battue, vénerie) et le vocabulaire du chien (quête, arrêt, ferme, recherche au sang). Ces mots décrivent des choses précises : un âge, un sexe, une trace, un comportement. Les confondre fait rater des observations, et fait dire n'importe quoi devant des gens qui, eux, savent.
Le gibier, par son vrai nom
Le vocabulaire du grand gibier distingue systématiquement l'espèce, le sexe et l'âge. C'est utile : sur le terrain, l'information que vous transmettez à un voisin de ligne doit être immédiatement exploitable.
| Espèce | Mâle | Femelle | Jeune |
|---|---|---|---|
| Chevreuil | Brocard | Chevrette | Faon |
| Cerf élaphe | Cerf | Biche | Faon, puis hère |
| Sanglier | Verrat, ou solitaire s'il vit seul | Laie | Marcassin, puis bête rousse |
| Daim | Daim | Daine | Faon |
Chez le sanglier, la progression des noms suit l'âge et la robe : le marcassin porte les livrées rayées de ses premiers mois, la bête rousse lui succède quand le pelage vire au roux, puis viennent la bête de compagnie et le ragot. Le grand mâle qui a quitté la compagnie devient un solitaire.
Chez le cerf, le vocabulaire du bois est un langage à lui seul : les andouillers sont les pointes, l'empaumure la partie terminale élargie, et la mue désigne la chute annuelle des bois, qui n'a rien d'anormal.
Lire le terrain
C'est la partie la plus utile du lexique, parce qu'elle décrit ce que vous avez sous les yeux.
En vocabulaire de chasse, la voie désigne l'ensemble des indices laissés par le passage d'un animal : empreintes au sol, végétation couchée, laissées, poils accrochés, odeur perceptible par le chien. Suivre la voie, c'est reconstituer un déplacement complet, avec son sens et sa fraîcheur.
Les empreintes elles-mêmes ont des noms selon l'espèce : on parle de pied pour le sanglier, de traces pour les cervidés. Quelques termes reviennent en permanence :
- La coulée : le passage habituel emprunté par les animaux, souvent visible comme un couloir écrasé dans la végétation. C'est là que l'on pose une caméra, comme l'explique le dossier sur les caméras de chasse.
- Le gagnage : le lieu où les animaux vont se nourrir, généralement à découvert et de nuit.
- La remise : l'endroit où ils se reposent et se mettent à l'abri dans la journée.
- La souille : la mare de boue où le sanglier se roule, indice de présence très fiable.
- Le frottis : l'écorce d'un jeune arbre frottée par les bois d'un cervidé.
- Les laissées : les excréments, dont l'aspect renseigne sur l'espèce et sur la fraîcheur du passage.
- La harde : le groupe pour les cervidés. On parle de compagnie pour les sangliers.
Sur le terrain
Notez systématiquement l'heure et le lieu de vos observations, avec le vent du jour. Trois sorties suffisent à faire apparaître des habitudes : les animaux passent aux mêmes endroits, aux mêmes heures, dans les mêmes conditions. C'est ce carnet, plus que le matériel, qui fait la différence sur un territoire.
Les modes de chasse
Les grandes familles reposent sur des logiques opposées, et le matériel comme les règles en découlent. Attention : ce vocabulaire est national, mais les modes de chasse réellement autorisés chez vous sont fixés chaque saison par arrêté préfectoral, et votre fédération départementale des chasseurs est la mieux placée pour vous le confirmer.
L'approche consiste à progresser lentement pour arriver à distance d'un animal repéré. Elle demande du vent favorable, de la lenteur, et une bonne optique.
L'affût est l'inverse : on se poste et on attend que l'animal vienne. Le placement et le vent y sont décisifs, comme le détaille notre guide sur le camouflage et les postes fixes.
La battue est une chasse collective où des traqueurs poussent le gibier vers des postés. C'est le mode le plus encadré en matière de sécurité : le gilet ou la casquette fluorescente y est obligatoire au grand gibier, et le tir se limite à un secteur matérialisé au sol, sujet traité dans notre dossier sur l'angle de 30 degrés et les consignes de battue.
La vénerie est la chasse à courre, avec une meute. La chasse devant soi se pratique en marchant, souvent au petit gibier, avec un chien.
Le chien, et ce qu'il fait
Le vocabulaire du chien décrit des actions précises, pas des impressions.
La quête est la recherche menée par le chien. Le chien d'arrêt se fige en détectant le gibier, permettant au chasseur de s'approcher. Le chien courant poursuit en donnant de la voix, ce qui renseigne sur ce qu'il fait et où il en est. Le rapport est le fait de ramener le gibier abattu.
Le ferme désigne le moment où le gibier, généralement un sanglier, cesse de fuir et fait face aux chiens. C'est la situation la plus risquée pour eux, et la raison d'être des gilets de protection pour chien.
Deux mots de fin de chasse qu'il vaut mieux connaître : le rembuchement, quand l'animal retrouve son couvert, et la recherche au sang, conduite avec un chien spécialisé. Elle n'est pas une option de confort mais une obligation morale, elle relève de conducteurs agréés dont votre fédération départementale peut vous communiquer les coordonnées, et notre page sur la recherche au sang d'un animal blessé explique comment la déclencher.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une harde et une compagnie ?
La harde désigne un groupe de cervidés, biches et jeunes principalement, tandis que la compagnie désigne un groupe de sangliers. Cette compagnie est généralement menée par une laie meneuse et composée de femelles et de jeunes d'âges différents, du marcassin à la bête de compagnie. Utiliser l'un pour l'autre est l'erreur de vocabulaire la plus courante chez les débutants, et elle rend une observation transmise par radio ou par téléphone difficile à exploiter.
Que veut dire suivre la voie ?
Suivre la voie, c'est suivre l'ensemble des indices laissés par un animal, et non ses seules empreintes : traces au sol, laissées, frottis, végétation couchée, odeur perceptible par le chien. La voie raconte un déplacement complet, avec son sens et sa fraîcheur. C'est précisément ce travail que fait un chien courant, et ce que l'on essaie de reconstituer visuellement à l'approche.
Un marcassin et une bête rousse, est-ce la même chose ?
Non, ce sont deux stades successifs du jeune sanglier. Le marcassin porte la livrée rayée caractéristique de ses premiers mois. Quand ces rayures s'estompent et que le pelage devient roux, on parle de bête rousse. Le vocabulaire continue ensuite avec la bête de compagnie puis le ragot, chaque terme correspondant à une classe d'âge et non à une appréciation de taille.
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