BoutiqueChasse

Guide

La plume du peintre de la bécasse se cache tout au bout de l'aile, juste avant la première rémige

Mis à jour le

Par la rédaction de Boutique ChasseNotre méthode et nos sources

La **plume du peintre** se niche à l'extrémité de l'aile de la **bécasse** des bois, sur la phalange du deuxième doigt, juste en avant de la première rémige primaire. C'est une toute petite plume rigide en forme de fer de lance, longue d'environ 3 cm, beige clair et mouchetée de brun de part et d'au

La plume du peintre se niche à l'extrémité de l'aile de la bécasse des bois, sur la phalange du deuxième doigt, juste en avant de la première rémige primaire. C'est une toute petite plume rigide en forme de fer de lance, longue d'environ 3 cm, beige clair et mouchetée de brun de part et d'autre du rachis. Chaque bécasse en porte deux, une par aile, et c'est ce petit trophée que les bécassiers glissent traditionnellement à leur béret après chaque tableau. Voici où la chercher exactement, comment la détacher sans l'abîmer, pourquoi les peintres et les enlumineurs s'en servaient depuis des siècles, et ce que dit la loi sur sa vente.

Qu'est-ce que la plume du peintre de la bécasse exactement ?

Sur le plan anatomique, la plume du peintre correspond à la onzième rémige, une plume atrophiée qui n'existe que chez quelques espèces d'oiseaux, dont la bécasse des bois et la bécassine. On l'appelle aussi épiptère, pinceau ou surrémige selon les régions et les anciens traités d'ornithologie cynégétique. Sa forme est particulière : souple sur les bords mais rigide dans l'axe du rachis, ce qui lui donne cette allure de petite lance capable de garder une pointe nette même après des années de conservation.

La bécassine possède elle aussi une plume équivalente, mais nettement plus petite, ce qui explique pourquoi les collectionneurs distinguent toujours les deux espèces dans leurs présentoirs. Chez la bécasse, la taille et la netteté des mouchetures varient légèrement d'un individu à l'autre, un détail que les passionnés repèrent au premier coup d'œil après quelques saisons de pratique.

Où se trouve précisément la plume du peintre sur l'aile ?

Pour la localiser, il faut déplier l'aile de l'oiseau et suivre la première rémige primaire, la plus longue, jusqu'à sa base. La plume du peintre de la bécasse apparaît juste avant cette rémige, presque perpendiculaire à elle, bien visible une fois l'aile ouverte mais quasiment invisible lorsque l'aile est repliée au repos. C'est cette discrétion qui explique pourquoi beaucoup de chasseurs débutants, lorsqu'ils chassent la bécasse en sous-bois pour la première fois, passent à côté sans la remarquer sur leurs premiers tableaux.

Comment prélever la plume du peintre sans l'abîmer ?

La fragilité de cette plume impose une méthode précise. Voici les étapes à respecter :

  • Attendre que l'oiseau soit froid et l'aile bien détendue avant toute manipulation.
  • Déplier l'aile délicatement jusqu'à exposer entièrement la base des rémiges primaires.
  • Repérer le petit rachis rigide juste en avant de la première rémige.
  • Tirer dans l'axe exact de la plume, jamais de travers, pour éviter de casser la pointe.
  • Ranger immédiatement la plume dans une boîte rigide ou une enveloppe cartonnée : elle ne supporte aucun écrasement.

Beaucoup de bécassiers travaillent avec un chien d'arrêt spécialiste du gibier à plume ou un chien d'oysel polyvalent comme le wachtelhund pour lever l'oiseau, puis consacrent ce petit rituel de prélèvement au retour, avant de rapporter le tableau à la maison.

Pourquoi les bécassiers gardent-ils cette plume comme trophée ?

Chez les chasseurs de bécasse, la plume du peintre tient le rôle que jouent les bois chez le cerf ou le chevreuil : un trophée personnel, preuve silencieuse d'un tableau réussi. La tradition veut qu'on la fixe au béret, montée en broche d'argent chez l'armurier, ou qu'on la conserve religieusement dans de petites boîtes peintes transmises de génération en génération. Un ouvrage cynégétique de référence publié en 1945 résumait déjà ce sentiment en affirmant qu'il n'existe pas de plus beau trophée pour le bécassier que cette plume.

Certains passionnés constituent de véritables collections, classées par date et par lieu de prélèvement, parfois présentées sur des poteries façonnées en forme de bécasse avec des alvéoles spécialement prévues pour recevoir chaque plume. Cette dimension patrimoniale explique pourquoi les communautés de bécassiers échangent volontiers conseils et anecdotes sur leurs trophées, par exemple au sein d'un forum chasse et pêche dédié au petit gibier.

Pourquoi les peintres et les enlumineurs utilisaient-ils la plume du peintre ?

Le nom de cette plume vient directement de son usage historique. Dès le Moyen Âge, les moines enlumineurs s'en servaient pour tracer les décors et les lettrines les plus fins de leurs manuscrits, profitant de cette pointe à la fois souple et rigide qui permettait des traits d'encre d'une précision impossible à obtenir avec une plume d'oie classique. Chaque plume ne permettait de couvrir qu'une surface restreinte avant de s'user, ce qui en faisait un outil précieux et rationné.

Plus tard, les peintres naturalistes ont repris cet usage pour réaliser leurs aquarelles d'oiseaux, appréciant la finesse du trait pour restituer le détail du plumage. Les horlogers, de leur côté, utilisaient cette même plume pour nettoyer les mécanismes complexes des montres, sa rigidité permettant d'atteindre les recoins les plus étroits sans endommager les rouages. Historiquement, certains buralistes achetaient même ces plumes aux chasseurs pour les revendre ensuite aux artistes, une pratique aujourd'hui révolue et désormais encadrée par la loi.

Peut-on acheter ou vendre une plume du peintre en toute légalité ?

C'est le point que beaucoup de chasseurs négligent. La bécasse des bois est un gibier chassable, soumis depuis la saison 2011-2012 à un prélèvement maximal autorisé de 30 oiseaux par chasseur et par an au niveau national, avec un carnet de prélèvement personnel obligatoire et un marquage de chaque oiseau à la patte dès le lieu de prélèvement. Rien n'empêche donc un chasseur de garder la plume de sa propre bécasse légalement tirée, à titre de souvenir personnel.

En revanche, la vente, l'achat et le colportage du gibier à plume en France reposent sur une liste positive : seules quelques espèces comme la perdrix, le faisan, le colvert ou le pigeon ramier peuvent être commercialisées. La bécasse n'y figure pas, quelle que soit la période de l'année. Concrètement, cela signifie que la vente ou l'achat d'une plume du peintre à un tiers constitue une infraction, même lorsque l'oiseau a été légalement chassé. Les annonces qui proposent ces plumes à la vente sur internet se placent donc dans une zone strictement interdite par la réglementation sur le commerce du gibier.

Comment conserver et présenter sa collection de plumes du peintre ?

Pour que la plume garde sa pointe et sa couleur dans le temps, quelques précautions simples suffisent :

  • La ranger à plat dans une boîte rigide, jamais dans une poche ou un sac où elle risque de se plier.
  • Noter immédiatement au crayon la date, le lieu et le compagnon de chasse sur une étiquette glissée avec la plume, car la mémoire s'efface plus vite que le trophée.
  • Éviter l'humidité et les mites en plaçant un petit sachet de silice ou une pastille antimites dans la boîte de rangement.
  • Conserver la collection à l'abri de la lumière directe, qui finit par ternir les mouchetures brunes au fil des années.
  • Monter les plus belles pièces en broche chez un armurier si l'on souhaite les porter comme autrefois.

Si vous chassez aussi d'autres gibiers à plume comme le perdreau, vous remarquerez qu'aucune autre espèce n'a généré une tradition de trophée aussi forte autour d'une simple plume, signe de l'attachement particulier des bécassiers à leur gibier de prédilection.

FAQ sur la plume du peintre de la bécasse

Combien de plumes du peintre possède chaque bécasse ?

Chaque bécasse porte deux plumes du peintre, une par aile, situées symétriquement juste avant la première rémige primaire.

La plume du peintre de la bécassine est-elle identique à celle de la bécasse ?

Non, la bécassine possède elle aussi cette plume particulière, mais elle est nettement plus petite que celle de la bécasse des bois.

Peut-on trouver une plume du peintre sans chasser, simplement en forêt ?

C'est possible, certaines plumes tombent naturellement lors de la mue ou pendant la migration, mais elles sont rares à repérer au sol en raison de leur petite taille et de leur couleur discrète.

Faut-il un carnet de prélèvement spécifique pour chasser la bécasse ?

Oui, un carnet de prélèvement national nominatif est obligatoire, avec un marquage de chaque oiseau à la patte dès le lieu de capture et un retour du carnet avant le 30 juin.

Pourquoi appelle-t-on cette plume "du peintre" et pas autrement ?

Le nom vient de son usage historique par les moines enlumineurs puis par les peintres naturalistes, qui utilisaient sa pointe fine et rigide pour tracer des détails impossibles à obtenir avec une plume classique.

À lire aussi