Équipement
S'habiller pour la chasse
Par la rédaction de Boutique ChasseNotre méthode et nos sources
Le confort en hiver ne tient pas à la veste, il tient au système de couches et aux pieds. Et une pièce n'est pas négociable : l'orange fluorescent en battue.

Une journée de chasse en janvier se gagne ou se perd sur deux choses : les pieds et la gestion de l'humidité. Pas sur la veste, contrairement à ce que l'on croit en magasin. Et une pièce ne se discute pas en battue, quelle que soit votre opinion sur son esthétique : l'orange fluorescent.
Le système de trois couches, et pourquoi il marche
Le froid ressenti vient rarement de la température extérieure. Il vient de la transpiration accumulée pendant la marche, qui refroidit dès que vous vous arrêtez au poste. C'est là que la journée bascule.
La réponse tient en trois couches, chacune avec un rôle unique :
- La première couche évacue l'humidité de la peau. Elle doit être en laine mérinos ou en synthétique. Jamais en coton : le coton absorbe la sueur, la garde, et vous refroidit pendant des heures.
- La deuxième couche isole en emprisonnant de l'air. Polaire, laine, doudoune légère. C'est elle que l'on ajoute ou retire selon l'effort.
- La troisième couche coupe le vent et la pluie. Sa qualité se juge sur la respirabilité autant que sur l'imperméabilité, et sur les détails : capuche réglable, ventilations sous les bras, poches accessibles avec un sac.
Le réflexe qui change tout est contre-intuitif : partez en ayant légèrement froid. Si vous êtes bien au départ, vous transpirerez au bout de dix minutes de marche, et vous le paierez au poste.
Les bottes, poste numéro un
C'est le seul endroit où économiser se paie immédiatement. Des pieds mouillés ou comprimés ruinent une journée, et aucun vêtement ne compense.
Trois familles cohabitent. Les bottes en caoutchouc, imbattables en terrain détrempé et pour le gibier d'eau, mais peu respirantes sur de longues marches. Les chaussures montantes à membrane, plus confortables à la marche et mieux ventilées, mais qui atteignent leurs limites dans la boue profonde. Les bottes doublées néoprène, faites pour le froid et l'humidité prolongée, chaudes mais lourdes.
Prenez une taille tenant compte de la chaussette épaisse que vous porterez réellement, et essayez en fin de journée quand le pied est légèrement gonflé. Une botte trop juste coupe la circulation, et c'est ainsi que l'on a froid aux pieds malgré un bon isolant.
| Poste | Ce qui compte | Erreur courante |
|---|---|---|
| Chaussettes | Laine mérinos, hauteur suffisante | Le coton, qui garde l'humidité |
| Bottes | Ajustement avec chaussette épaisse | Choisir trop juste |
| Gants | Dextérité conservée | Trop épais, on les retire, on les perd |
| Bonnet | Couvre les oreilles | Négligé, alors que la tête dissipe beaucoup |
Sur le terrain
Emportez systématiquement une paire de chaussettes de rechange dans un sac étanche. Changer de chaussettes à mi-journée coûte deux minutes et transforme une fin d'après-midi. C'est le meilleur rapport confort sur encombrement de tout l'équipement.
L'orange fluorescent n'est pas une option
En battue au grand gibier, le port d'un vêtement fluorescent est obligatoire pour les participants comme pour les traqueurs. Le débat qui revient chaque saison, celui du chasseur convaincu que la couleur fait fuir le gibier, repose sur une confusion.
Les ongulés ne perçoivent pas les couleurs comme nous. L'orange fluorescent, très visible pour l'oeil humain à travers le feuillage, ne constitue pas pour eux le signal d'alarme que l'on imagine. Ce qui trahit un chasseur, c'est le mouvement, la silhouette et surtout l'odeur, pas la teinte de son gilet.
Préférez un vêtement qui reste visible sous la pluie et à contre-jour, et vérifiez qu'il se voit aussi quand vous êtes assis. Un gilet couvert par un sac à dos ne remplit plus sa fonction. Les autres règles de la battue, dont l'angle de 30 degrés, sont détaillées dans notre dossier les règles à respecter sur le terrain.
Détails qui font la différence
Le silence du tissu compte plus qu'on ne le pense à l'approche. Certaines matières imperméables crissent au moindre geste et vous signalent à trente mètres. Froissez le vêtement en magasin, écoutez.
Les poches ensuite : leur nombre importe moins que leur accessibilité une fois le vêtement fermé et le sac sur le dos. Enfin, pensez au chien si vous en avez un, dont l'équipement de protection relève de la même logique de terrain et que nous traitons dans notre guide sur le chien de chasse. Et n'oubliez pas la protection auditive, trop souvent laissée de côté, dont notre article sur la protection de l'audition explique l'urgence.
Questions fréquentes
Le gilet orange fait-il fuir le gibier ?
Non, et cette idée reçue a la vie dure. Les ongulés ne perçoivent pas le spectre des couleurs comme l'oeil humain, et l'orange fluorescent ne représente pas pour eux un signal particulier. Ce qui les alerte, c'est le mouvement, la silhouette qui se détache et l'odeur portée par le vent. En battue, le vêtement fluorescent est de toute façon obligatoire, et il sauve des vies.
Faut-il investir dans une veste chère ?
Moins que dans de bonnes bottes et une bonne première couche. Une veste haut de gamme apporte un vrai gain sur la respirabilité et la durabilité, mais elle ne compensera jamais des pieds mouillés ou un tee-shirt en coton trempé de sueur. Si le budget est contraint, l'ordre de priorité est le suivant : chaussures, première couche, puis veste.
Quelle différence entre imperméable et déperlant ?
Un vêtement déperlant fait glisser l'eau grâce à un traitement de surface, qui s'use au lavage et au frottement et doit être réactivé. Un vêtement imperméable comporte une membrane qui bloque l'eau de façon durable. En pratique, un bon imperméable a besoin des deux : sans déperlance en surface, le tissu extérieur se gorge d'eau et la respirabilité s'effondre, même si la membrane, elle, tient toujours.
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